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L'efficacité du Bitcoin : mythe ou réalité?

  • Writer: kian payette
    kian payette
  • Jul 31, 2025
  • 3 min read

Pour ses partisans les plus fervents, le Bitcoin est l’avenir incontesté de la finance. Plus rapide que les banques, moins coûteux que les virements traditionnels, plus sécuritaire, sans intermédiaires, et surtout : libre de toute emprise institutionnelle. Cette promesse d’un système décentralisé et accessible alimente un enthousiasme presque religieux autour de la cryptomonnaie. Mais ne trouvez-vous pas cela un peu trop beau pour être vrai? Comme le veut l'adage : c'est probablement le cas.


L'efficacité énergétique, souvent négligé.

Selon une étude réalisé en 2021, une seule transaction Bitcoin consommait en moyenne 1 200 kWh. C’est plus que ce qu’une maison canadienne moyenne consomme en électricité pendant un mois complet (entre 900 et 1 100 kWh selon Ressources naturelles Canada). Oui oui, un virement Bitcoin = un mois de chauffage, d'éclairage, de Netflix, de cuisson au four, de lavage de bobettes, tout. C’est tellement "efficace" qu’une seule transaction Bitcoin équivaut, en termes de consommation énergétique, à 100 000 transactions Visa.

Décentralisé? Pas vraiment.

Oui, techniquement, la cryptomonnaie est décentralisée.Mais dans les faits, cette décentralisation a de sérieuses limites.

Elle l’est dans le sens où le registre (la blockchain) est distribué : il n’y a pas de serveur central qui contrôle Bitcoin ou Ethereum, et le registre est copié sur des milliers de nœuds à travers le monde.

Contrairement à une banque ou un gouvernement, ce ne sont pas des institutions officielles qui valident les transactions, mais bien un consensus entre les nœuds du réseau, selon les règles du protocole.

Mais cette « décentralisation » s’effondre dès qu’on regarde comment les gens utilisent réellement les cryptomonnaies.

  • Pour acheter, vendre ou convertir des cryptos, la majorité passe par des plateformes comme Binance, Coinbase ou Kraken.

  • Ces plateformes fonctionnent exactement comme des banques : elles facturent des frais, peuvent geler des comptes, exigent une vérification d’identité (KYC), etc.

Pire encore : pour acheter du Bitcoin, la plupart des gens doivent d’abord convertir leur argent fiat en stablecoins (USDT, USDC…), qui sont émis par des compagnies privées détenant de l’argent… dans des banques traditionnelles.

Donc pour faire court : sans les banques, les stablecoins ne valent absolument rien.

Les frais de transactions ne sont pas moins cher!

On vante souvent les frais quasi nuls des cryptomonnaies.Mais entre les frais de réseau, les plateformes d’échange et les conversions, une soi-disant transaction à 1,00 $ peut facilement finir par coûter 15 $… comme une bonne vieille banque.

Et contrairement à ce qu’on pourrait croire, les frais de transaction ne sont pas fixes : ils sont déterminés par l’offre et la demande sur le réseau.

Le réseau Bitcoin peut traiter environ 7 transactions par seconde. Quand il y a congestion, les utilisateurs doivent enchérir pour que leur transaction passe plus vite. Plus il y a de monde, plus les frais montent.


Une sécurité exemplaire? Vraiment?

La sécurité du Bitcoin est souvent présentée comme inégalée. Et en effet, le protocole en lui-même est solide : la blockchain est quasi impossible à falsifier, grâce à la puissance de calcul déployée par les mineurs pour sécuriser chaque bloc.

Mais attention : dire que le Bitcoin est sécuritaire, ce n’est pas dire que ton argent est à l’abri.

Dans la réalité :

  • Si tu fais une erreur d’adresse, ton argent est perdu à jamais.

  • Si tu oublies ta phrase de récupération, ton portefeuille est irrécupérable.

  • Si quelqu’un pirate ton compte sur un échange centralisé (ce qui arrive souvent), tu ne reverras probablement jamais tes fonds.

Ajoute à ça les milliers d’arnaques, de projets bidon, de wallets piégés, de NFT vides, et on se rend compte que l’univers crypto n’est pas un coffre-fort… c’est le Far West numérique, sans shérif ni remboursement.


Rapide comme l'éclair? Ça dépend...

On entend souvent que Bitcoin est plus rapide que les banques.Mais encore une fois, tout dépend du contexte.

Une transaction Bitcoin n’est pas confirmée instantanément.

  • Il faut attendre qu’elle soit incluse dans un bloc (toutes les 10 minutes environ).

  • Et pour être vraiment "sûr", on attend souvent 3 à 6 confirmations, soit 30 à 60 minutes au total.

Compare ça à un virement Interac, qui prend… quelques secondes.

Et si le réseau est congestionné ou que tes frais sont trop bas, ta transaction peut stagner dans le vide pendant des heures. Certaines peuvent même être rejetées si elles expirent du mempool.

Il existe des solutions plus rapides (comme le Lightning Network), mais elles ne sont pas utilisées massivement, elles sont complexes à configurer, et pas exemptes de vulnérabilités.


En résumé...

Bitcoin promettait un système plus rapide, plus efficace, moins cher, plus sécuritaire et décentralisé. Dans les faits, on a souvent :

  • Un système lent,

  • Énergivore au point d’alimenter une maison pendant un mois par transaction,

  • Des frais imprévisibles et parfois exorbitants,

  • Une centralisation rampante autour des plateformes, des développeurs et des mineurs,

  • Et une sécurité qui repose entièrement sur l’utilisateur, sans filet de secours.

Est-ce que la cryptomonnaie a un potentiel? Certainement. Est-ce que Bitcoin est aujourd’hui l’alternative parfaite aux banques? Pas encore. Et peut-être jamais.

 
 
 

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